Kilengi et Bas-Fleuve

Table des matières

 

Contexte géographique

La zone géographique d’intervention de FSDI-CLODIK est constituée de forêts et de savanes, de montagnes et de plaines. Elle contient beaucoup d’essences non exploitées. Elle est baignée par plusieurs rivières, dont les plus importantes sont Milambi et Lukula. Elle est aussi traversée par le fleuve Tsiluangu. Elle a beaucoup de sources (non aménagées). Elle a deux saisons culturales, A et B, suivies d’une saison sèche pendant laquelle les familles paysannes s’adonnent aux cultures maraîchères, et depuis quelques temps grâce entre autres à la FSDI-CLODIK, à la culture du riz de marais. Son climat chaud est tempéré et pluvieux…

Contexte administratif

FSDI-CLODIK  a son siège social principal situé sur l’avenue Kimbangu 02, Localité Sina Ngimbi, Quartier Kasa-Vubu, Cité de Tshela, Territoire de Tshela, District du Bas-Fleuve, Province du Bas-Congo, au carrefour de trois pays (RDCongo, Angola et Congo-Brazza). Elle possède plusieurs sites de représentation, dont les plus importants sont situés à Kilengi (Mbata-nkazu 1), à Kinzau-Mvuete (Av. Maduda, n°2, Q. Mbenza-Thubi, Cité de Kinzau-Mvuete, Territoire de Seke-Banza), à Kinshasa (Av. Lokelenge, n°1c,  Commune  de Ngiri-ngiri) (en phase de déménagement !)

Contexte économique

La situation économique des familles paysannes en milieu rural, particulièrement dans la zone d’intervention de FSDI-CLODIK, est loin de se stabiliser. Ces familles ne bénéficient d’aucune subvention de l’Etat, et pourtant elles sont les principales productrices des denrées alimentaires de la région. Leur revenu est inférieur à 5 Euros par mois. Elles survivent et font survivre les familles rurales grâce à une agriculture de subsistance. Le manioc, le riz, le haricot, l’arachide, le maïs, le taro, l’igname, l’oignon, le soja, l’orange, la mangue, l’ananas, le mangoustan, le café, le cacao et autres y poussent merveilleusement bien. La grande forêt est très riche en essences. Le sous-sol est aussi très riche en or, en diamant et en pétrole. Les échanges commerciaux avec Matadi, Boma et Kinshasa, et même avec les deux frontières (Cabinda/Angola et Congo-Brazza) sont très intenses. On y trouve plusieurs marchés et centres de négoce « internationaux ». Plus de 230 km de pistes rurales viennent d’y être réhabilitées,  et plus de 375 km de pistes ciblées à réhabiliter …

Contexte social ( + démographie, santé)

FSDI-CLODIK dessert plus de 202 villages dans les territoires de Tshela et Seke-Banza avec une population cible de plus ou moins 160.500 habitants. Malgré ses immenses richesses et après 50 ans d’indépendance du pays, le peuple congolais a faim à Kilengi, Kaï-mbaku, Ndalu, Tshela et ailleurs; les enfants décèdent pour cause de malnutrition. Le Sida comme la fièvre Ébola, les maladies hydriques…sont le lot quotidien des familles paysannes. La région est confrontée à l’une des pires crises humanitaires au monde. La guerre, qui a fait plus de 5 millions de morts et continue à arracher chaque jour 1.200 personnes de suites de ses conséquences, n’épargne pas ces familles paysannes. 95% de la population rurale survivent avec l’équivalent de 0,30 dollar US par jour. 85% de la population vivent dans une situation alimentaire précaire et 45% sont gravement sous-alimentés. 82% n’ont pas accès à des soins sanitaires de base. 2 nouveaux-nés sur 5 n’atteindront jamais l’âge de 5 ans. 1 sur 2 meurt de la malaria.
Le taux de natalité s’élève à 4,95%. Celui de mortalité infantile à 11%. L’espérance de vie environne 49 ans. Il n’y existe aucun système de sécurité sociale. La majorité de la population vit de l’agriculture traditionnelle. Le système de soins demeure insuffisant. La pandémie du SIDA s’étend de façon inquiétante. Il n’y existe que très peu de centres et postes de santé …

Contexte culturel

La répartition (culturelle) du travail se fait en fonction de sexe. Selon cette répartition, les femmes accomplissent la majeure partie des travaux champêtres : le labour, l’entretien, le sarclage, le semis, la récolte, le transport, la vente… Elles ont en outre à leur charge l’approvisionnement du ménage en eau potable et en bois de chauffage, l’entretien des enfants, la préparation des repas, la lessive, la vaisselle, l’entretien de la maison… Le recours aux jeunes filles pour les travaux agricoles commence quand celles-ci ont plus ou moins 10 ans. Après cet âge commence la rivalité entre l’école et le travail champêtre. La longue distance entre la maison et l’école, la chaleur de midi, le temps disponible après l’école rend peu rentable le recours aux élèves (écoliers) pour les travaux de champs et autres.
Il est un présupposé ethnologique pouvant constituer un facteur extérieur nécessaire au succès du projet : le sens communautaire africain dans la femme paysanne de la région (mbusa masaka). En effet, cette femme paysanne  se perçoit comme un être marqué par un jeu de relations et de participations. Pour elle, « vivre c’est exister au sein d’une communauté, c’est participer à la vie sacrée des ancêtres ; c’est prolonger ses ascendants et préparer son propre prolongement dans ses descendants » (cf. les bibunda ou communauté de vie et de travaux champêtres).

Contexte politique

La participation des familles paysannes à la vie socio-économique, politique et culturelle en RD du Congo présuppose des capacités susceptibles d’augmenter non seulement l’efficacité d’action de ces familles et leur plus grande visibilité socio-économique, mais aussi, et surtout, leur indépendance vis-à-vis du macro-système d’économie commerciale régionale et mondiale organisée sans et au détriment de l’économie familiale en milieu urbano-rural.  Les familles rurales, en participant à la réalisation de toutes les activités de gestion du développement communautaire consignées dans la Constitution de la République, contribuent à la reconstruction du pays.
Pour comprendre les besoins des familles paysannes formées ou à former au renforcement des capacités d’auto-gestion de son propre développement, il convient d’examiner la place  réservée à la famille en milieu urbano-rural dans la nouvelle Constitution de la RD Congo, analyser sa situation au sein de nouvelles institutions de la République, sa contribution à la promotion d’une économie prospère, saine, plus humaine, plus juste et soucieuse de l’environnement, au leadership entrepreneurial familial des femmes et des jeunes, les actions sociales, culturelles et économiques des familles paysannes, leur rôle dans la lutte contre la pauvreté, leur visibilité dans le secteur économique et dans les médias.

Urbain Matimpi Yongo